Titre : Ce que j’ai découvert en 2012 que je n’ai jamais oublié
Je ne m’attendais pas à trouver ça là.
En 2012, je rejoins le cabinet de Jean-Louis Ferrein en tant qu’apprenti, dans le cadre de mon diplôme de psychologue. J’avais une idée assez floue du monde de l’entreprise. Je savais que j’aimais l’humain, les mécanismes, ce qui se passe sous la surface. Mais le conseil RH, l’accompagnement professionnel, les organisations, c’était un territoire que je découvrais.
Ce que je n’attendais pas, c’est la rigueur scientifique de ce que j’allais trouver.
Jean-Louis était en pleine rédaction du premier ouvrage sur Intelligence Projective. Je l’ai vu construire, tester, affiner. Pas dans une salle de conférence, dans le quotidien d’un cabinet. Avec des personnes réelles, des situations réelles, des résultats qui se produisaient sous mes yeux.
Et c’est ça qui m’a frappé en premier. Pas le concept lui-même, sa base. La recherche menée avec le Collège de France, les fondements théoriques, la façon dont tout tenait ensemble avec une exigence que je n’avais pas anticipée dans cet univers. J’avais une image du conseil RH comme un monde de bon sens habillé en méthodologie. Ce que j’ai trouvé, c’était autre chose.
L’Intelligence Projective part d’un constat simple : le cerveau humain fabrique naturellement du projet. Ce n’est pas une compétence réservée à quelques-uns. C’est une capacité innée. Mais pour qu’elle s’exprime, elle a besoin d’informations. Sur soi. Sur le collectif dans lequel on veut s’inscrire. Quand les deux se rencontrent, quelque chose se produit.
Je l’ai vu se produire.
Des personnes qui arrivaient perdues. Pas vaguement incertaines. Vraiment perdues. Qui ne savaient plus ce qu’elles voulaient, ce qu’elles valaient, dans quelle direction aller. Issues de domaines très différents. Les médias, le voyage, la finance. Des trajectoires qui n’avaient rien en commun sauf ça : en quelques heures, quelque chose se débloquait. Pas parce qu’on leur avait donné une réponse. Parce qu’on leur avait donné les informations dont leur cerveau avait besoin pour fabriquer la sienne.
Ce que j’observais évoquait pour moi les mécanismes d’apprentissage. Un avant et un après visibles. Pas progressifs, pas graduels. Un déclic.
Et ce qui m’a encore plus frappé, c’est que ce déclic se produisait aussi chez les consultants qu’on formait. Des professionnels aguerris qui, en apprenant à utiliser l’IP, vivaient eux-mêmes ce qu’ils allaient ensuite produire chez leurs clients. J’observais deux niveaux en même temps. L’outil transformait ceux qui l’utilisaient autant que ceux pour qui on l’utilisait.
J’ai co-écrit un livre avec Jean-Louis des années plus tard. Mais ce qui s’est ancré en moi, c’est ce que j’ai vu en 2012. Avant d’avoir les mots pour le décrire.
L’information change tout. Pas l’information générique, pas les conseils. L’information juste, au bon moment, pour la bonne personne. Celle qui permet au projet qui était déjà là de se formuler enfin.
C’est ce que j’ai découvert cette année-là. Et c’est ce qui continue de guider ma façon d’accompagner les gens, quel que soit le contexte.
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