Titre : Et si on reparlait du recrutement autrement ?
Il y a quelques semaines, un ancien chasseur de têtes me confiait qu’il ne se lancerait pas dans ce métier aujourd’hui. Je n’ai pas cherché à le contredire. J’ai juste écouté.
Et cette phrase continue de résonner.
Pas parce qu’elle est pessimiste. Parce qu’elle ouvre une question que je trouve utile de poser collectivement : qu’est-ce qu’on attend vraiment du recrutement ? Qu’est-ce qu’on lui demande d’être — et qu’est-ce qu’on lui permet d’être ?
Le recrutement est l’une des fonctions les plus stratégiques d’une entreprise. C’est là que tout commence. La culture, la cohésion, la dynamique d’équipe. C’est là qu’on décide, souvent sans le formuler, de ce que l’organisation veut construire. Et pourtant c’est une fonction qu’on parle rarement de valoriser pour ce qu’elle est vraiment.
Les outils ont changé la donne. Les ATS, les plateformes, les processus automatisés — tout ça a apporté de la structure, de la scalabilité, de l’efficacité. C’est réel. Mais l’efficacité d’un processus ne dit rien de la qualité d’une rencontre. Et c’est bien d’une rencontre qu’il s’agit — entre une personne et un projet collectif.
Dans ce contexte, les outils psychométriques ont un rôle précieux à jouer. Ils permettent d’aller chercher ce qu’un entretien ne capte pas toujours — les modes de fonctionnement, les motivations profondes, la façon dont une personne va s’inscrire dans un collectif. Utilisés au bon moment, avec la bonne intention, ils enrichissent considérablement la qualité d’un recrutement. Mais comme tout outil, leur valeur dépend entièrement de ceux qui les manient. Une évaluation psychométrique entre de mauvaises mains — mal interprétée, mal contextualisée, mal restituée — peut faire plus de mal que de bien. C’est là que l’expertise du praticien fait toute la différence.
Ce qui m’interroge, c’est ce qui se passe — ou ne se passe pas — entre le moment où quelqu’un signe son contrat et le moment où il prend véritablement sa place dans l’organisation. C’est une période charnière. Souvent sous-investie. Et pourtant déterminante pour la suite.
Est-ce que la personne comprend vraiment dans quel projet elle s’inscrit ? Est-ce que l’entreprise a pris le temps de comprendre ce que cette personne veut construire ? Est-ce que les deux ont eu l’espace pour se projeter ensemble — pas seulement sur les missions, mais sur le sens ?
Ce sont des questions simples. Elles méritent d’être posées sérieusement.
Le recrutement, quand il est bien pensé, n’est pas la fin d’un processus. C’est le début d’une relation. Et comme toute relation, elle a besoin d’être bien commencée pour durer.
Je n’ai pas de réponse définitive. Juste la conviction que cette étape mérite plus d’attention qu’on ne lui en accorde aujourd’hui.
Et vous — comment vous vivez cette transition entre recrutement et intégration dans vos organisations ?
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