Hier soir un ami me dit : ce serait bien que tu aies un blog, pour ne pas rester cantonné à LinkedIn.
Dans la soirée, mon blog était en ligne.
Nom de domaine acquis, pipeline automatisé codé en Python qui va chercher mes articles dans Notion pour les publier directement sur le site. Je ne dis pas ça pour impressionner. Je le dis parce que six mois plus tôt, cette phrase m’aurait semblé appartenir à quelqu’un d’autre. Un développeur. Quelqu’un de technique. Pas un psychologue du travail qui n’avait jamais écrit une ligne de code de sa vie.
Ce qui a changé, ce n’est pas que l’IA fait le travail à ma place. C’est qu’elle a reculé la frontière de ce que je m’autorisais à imaginer.
Il y a une distinction importante à faire ici, et je pense qu’on la rate souvent dans les débats sur l’IA. On a inventé la grue. Les maisons ne se construisent pas toutes seules pour autant. Ce qu’on a gagné, c’est la capacité de construire plus haut, plus vite, avec moins d’efforts physiques. Mais quelqu’un doit toujours savoir ce qu’il veut construire, pourquoi, et comment les pièces s’assemblent. La grue ne remplace pas l’architecte. Elle ne remplace pas les ouvriers non plus. Elle leur donne accès à des projets qu’ils n’auraient pas pu mener seuls.
L’IA fonctionne exactement comme ça. Elle est un outil d’une puissance remarquable. Mais un outil qui ne produit quelque chose d’utile que si on sait ce qu’on lui demande, pourquoi on le lui demande, et ce qu’on fait du résultat.
Ce que j’ai découvert en construisant ce blog, ce pipeline, ces automatisations, ce n’est pas que l’IA travaille à ma place. C’est que chaque étape m’a appris quelque chose. Je comprends maintenant des fonctions dont je n’avais aucune idée hier. Je lis du code que je ne savais pas lire. Je pose des questions plus précises parce que je comprends mieux le domaine. L’outil m’a rendu plus compétent, pas plus dépendant.
C’est là que la question devient intéressante. Si l’IA continue d’évoluer au rythme actuel, et si on continue à se former pour l’utiliser vraiment, pas juste pour l’activer, quelles sont les prochaines frontières qui vont tomber ? Pas celles du travail humain. Celles de ce qu’on s’autorise à entreprendre.
La limite n’est peut-être pas technique. Elle est dans la façon dont on décide d’apprendre.