Il y a une semaine, j’ai repris un poste. Et depuis, je publie moins.
Ce n’est pas un problème en soi. C’est mécanique : l’énergie mentale est ailleurs, les premières semaines dans un nouveau rôle absorbent tout ce qu’on a. Je le savais avant de commencer.
Ce qui m’a surpris, c’est autre chose. Une inquiétude de fond qui s’est installée. Pas massive, pas paralysante. Plutôt un bruit de fond : tu ne publies pas, tu perds la main.
Je me suis arrêté sur cette sensation parce qu’elle m’a semblé révélatrice.
Perdre la main sur quoi exactement ? Sur les sujets que je suis ? Sur l’écriture ? Sur la visibilité ? En y regardant de plus près, ce que je craignais ce n’était pas de disparaître des fils d’actualité. C’était de m’éloigner d’une pratique qui me plaît, réfléchir à des choses, les mettre en mots, voir si ça tient.
Ce n’est pas la même peur. Et la distinguer change quelque chose.
Parce que la première peur, celle de la visibilité, pousse à publier quand même. À trouver un sujet, n’importe lequel, pour maintenir le rythme. C’est ce qu’on observe partout sur LinkedIn aujourd’hui, un flux continu de contenu qui ressemble parfois moins à de la réflexion qu’à de la présence pour la présence. Le volume comme preuve d’existence.
La deuxième peur, celle de s’éloigner d’une pratique qui a du sens, pousse à attendre d’avoir quelque chose à dire.
Ces derniers jours, je n’avais pas grand chose à dire. Alors je n’ai pas publié.
Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne décision à long terme. Mais je suis assez certain que publier par peur du silence aurait produit quelque chose de creux.
La question que ça laisse ouverte : est-ce qu’on publie pour penser, ou est-ce qu’on pense pour publier ?